UN PEU D'HISTOIRE

Printemps 1920...

Une brasserie au Palais-Royal... Un groupe de comptables du Trésor se retrouve chaque semaine... Les discussions sont animées, une décision est prise : La Revue du Trésor verra le jour le 1er janvier 1921. Quatre-vingt-dix ans après, il est intéressant de revenir sur cette « fondation » et, après les années de guerre où, malgré plusieurs tentatives de survie, la Revue fut condamnée au silence, de préciser comment une petite équipe allait entreprendre dès 1944 sa « résurrection » et, enfin, de rappeler dans quelles conditions « l'évolution » allait être conduite jusqu’à la mise en place de la nouvelle revue « Gestion et Finances Publiques ».

LA FONDATION

Lorsqu’ en 1920, ses fondateurs se réunissent pour décider sous quelle forme et pour quels buts précis ils donneraient le jour à la Revue du Trésor, les services du Trésor se trouvent dans un état d'inorganisation dont la gravité n'échappait pas à des observateurs attentifs. Ce fut alors que quelques hommes d'expérience et d'action, résolurent de créer un organe qui se présenterait comme un trait d'union : ainsi naquit La Revue du Trésor. Un appel était lancé en octobre 1920 à tous les comptables du Trésor pour lancer la Revue. Le succès fut rapide et les premiers numéros rapidement épuisés ; une réimpression fut même envisagée. Ce succès ne devait rien au hasard ; ses fondateurs s'étaient entourés d'un Comité de patronage prestigieux présidé par M. Paul Doumer, sénateur, ministre des Finances qui restera au Comité de patronage quand il quittera ses fonctions et la Revue, elle restera, placée sous son haut patronage. La Revue du Trésor venait combler un vide car à cette époque il n'existait ni bulletin de l'Administration ni bulletin des représentants des personnels. Elle acquit rapidement une histoire et un prestige, hélas, la guerre et l’occupation la conduisirent à cesser sa parution.

LA RÉSURRECTION  

A la fin de l’année  1944, avec l'appui de M. Allix, directeur de la Comptabilité publique, la Revue se prépare pour une re-parution ; mais la pénurie générale oblige la rédaction à en retarder la sortie et ce n'est qu'en juillet 1945 que les anciens abonnés la retrouvent. M. Allix souhaitait qu'elle renaisse dans le sillage de la Direction de la Comptabilité publique, qu'elle élargisse son audience à tous les comptables publics et qu'elle essaie d'atteindre, en France et à l'étranger, tous ceux qui s'intéressaient aux finances publiques, sans cependant faire double emploi avec les organes corporatifs ni avec les grandes revues économiques et financières. Dans la décennie soixante-dix,  sans relâche, l’équipe donne à la Revue ses lettres de noblesse. Sur le plan juridique, la Société des éditions du Trésor, créée en 1921 sous la forme anonyme, va se transformer en SARL, structure mieux adaptée à son activité. Une nouvelle étape est franchie, en 1977, lorsque Robert Founs, secrétaire de rédaction depuis 1952, devient rédacteur en chef. La même année, Ernest Marqué, inspecteur central honoraire, connu pour ses multiples activités syndi­cale et mutualiste, accepte de devenir directeur gérant. Grâce à leur dynamisme La Revue du Trésor va connaître un nouveau développement qui a marqué durablement la période 1977-1990.

L’ÉVOLUTION  

Durant la mandature de ces deux animateurs, la situation a considérablement évolué et la place de La Revue du Trésor a changé. La Direction de la Comptabilité publique, au sein de l'Administration centrale, assure désormais pleinement son rôle d'information et de communication et les besoins des lecteurs sont profondément différents. Pour autant, il est apparu que la Revue avait encore sa place sous réserve d'une adaptation. La presse écrite spécialisée a en effet un rôle très important dans les domaines de l'information, de la formation continue, des échanges d'idées et d’expériences, des débats et c'est dans cette voie que la nouvelle équipe de direction va s'engager. Une série d'initiatives va donc être prise pour permettre « l'évolution » souhaitée et la poursuite de l'œuvre engagée par les fondateurs et les refondateurs de 1921 et de 1945. Dès 1977, la Revue va se doter d'un comité de rédaction d'une vingtaine de membres, fonctionnaires actifs et retraités de l'Administration centrale et des services déconcentrés, universitaires, historiens, avec l'arrivée en 1981 de Pierre-François Pinaud. Ce comité, lors d'une ou deux réunions annuelles, va examiner les résultats obtenus, tracer le programme rédactionnel pour l'année, suggérer telle ou telle action.

LA MODERNISATION

Dans les années 90 une nouvelle équipe se met en place, animée par deux Trésoriers-payeurs généraux honoraires. Guy Sanglier succède à Ernest Marqué au poste de Directeur-gérant et André Girault devient Rédacteur en chef au départ de Robert Founs.
Guy Sanglier assure l’entrée de la Revue dans «  l’ère de l’informatique », le fonctionnement de la publication est progressivement suivi sur ordinateur : comptabilité, gestion des collaborateurs,  des disponibilités, budgets et prévisions mensuelles,   suivi des abonnements, des auteurs d’articles, production et commercialisation des agendas financiers…Désormais la SARL est dotée de programmes adaptés et fiables. Un site internet fait son apparition et le courriel largement utilisé.
André Girault modifie à plusieurs reprises la présentation de la publication, couvertures plus attractives, introduction de la quadrichromie,  de la photo et des illustrations, diffusion de fiches techniques. Il met en place de nouvelles méthodes : lancement de mailing pour conquérir de nouveaux abonnés, création d’un comité des lecteurs pour orienter le contenu rédactionnel. Il assure une meilleure ouverture sur l’extérieur en  participant aux travaux du Comité pour l’histoire économique et  financière de la France. La Revue est régulièrement présente aux réunions de la Société française de finances publiques et aux colloques universitaires.
Mais une nouvelle aventure va commencer…

DE LA REVUE DU TRESOR A GESTION ET FINANCES PUBLIQUES – LA REVUE

La Revue, solidement ancrée dans le périmètre de la « Comptabilité publique » depuis plus de 80 ans, se devait d’accompagner le vaste mouvement de réforme administrative qui, en 2008, devait déboucher sur la création de la DGFiP – direction générale des finances publiques- née de la fusion de la direction générale de la comptabilité publique avec la direction générale des impôts. Cette nouvelle direction regroupe désormais en une seule entité les missions fiscales et les missions gestion publique. GESTION ET FINANCES PUBLIQUES est  le nouveau titre de la Revue, dont la ligne éditoriale s’est élargie, avec l’ambition d’être une  source d’informations et de réflexion sur l’ensemble de ces sujets. Une nouvelle équipe a pris la relève de la précédente : Jacqueline Escard comme directeur-gérant et Gérard Le Grand comme rédacteur en chef, tous deux Trésoriers-payeurs généraux honoraires ; trois rédacteurs en chef adjoints : deux universitaires, Stéphanie Flizot et Jean-Luc Pissaloux ainsi que Jacques Pérennès, ancien délégué interrégional des Finances publiques pour la région Ile de France, conservateur des hypothèques honoraire. Bien évidemment, la composition tant  de l’assemblée générale que du comité de rédaction a été revue ; elle intègre désormais des membres issus des deux anciennes directions constitutives de la DGFiP.

L'ADAPTATION

À partir du 1er janvier 2014, de nouvelles dispositions ont été prises, pour tenir compte des grandes évolutions intervenues ou qui se dessinent.
Ainsi, une publication bimestrielle a remplacé les 10 numéros qui constituaient précédemment l'abonnement (sans diminution, évidemment, du contenu rédactionnel), favorisant le traitement de certains thèmes de manière plus approfondie.
L'expérimentation « numérique » engagée, débouche au 1er janvier 2015, sur une offre d'abonnement associant une version « papier » et une version « numérique », et ouvre la voie à de nouvelles offres… Dans le même temps, la numérisation de l'ensemble de la collection –depuis la création de la Revue en 1921– se prépare, pour faciliter les travaux de recherche.
Au plan rédactionnel et statutaire, GESTION ET FINANCES PUBLIQUES se dote d'une nouvelle rédaction en chef : Michel Le Clainche (administrateur général des finances publiques) prend la succession de Gérard Le Grand comme rédacteur en chef, tandis que deux nouveaux rédacteurs en chef adjoints sont accueillis : Bernard Houteer (administrateur général des finances publiques) et le Professeur Jean-Luc Albert (en remplacement de Stéphanie Flizot).
De plus, aux côtés des professionnels praticiens des finances publiques, participent maintenant davantage aux différentes instances de fonctionnement, des collègues universitaires, favorisant le développement d'un regard croisé sur différents sujets.
Enfin, un Comité scientifique a été constitué pour veiller à la qualité des articles retenus.

EN ROUTE POUR LE CENTENAIRE !

Fort de cette nouvelle organisation et des réflexions qui se poursuivent, la Revue –GFP– en raccourci, entend bien poursuivre son travail de mise à disposition des connaissances en matière de finances publiques. De nouvelles rubriques ont été introduites, « Repères », « Lu pour vous », « Noté pour vous ». Des « Focus », des dossiers thématiques se développent, le numérique aussi.
Autant de nouveautés, à suivre, pour conforter l'avenir et …préparer l'anniversaire !

Printemps 1920...

B

Une brasserie au Palais-Royal...
Un groupe de comptables du Trésor se retrouve chaque semaine...
Les discussions sont animées, une décision est prise : La Revue du Trésor verra le jour le 1er janvier 1921.